WEBVTT

1
00:00:00.372 --> 00:00:02.914
Le Murmure de l'Arbre Centenaire,

2
00:00:03.356 --> 00:00:04.455
épisode 5

3
00:00:05.775 --> 00:00:07.221
Le printemps entre dans Paris,

4
00:00:07.377 --> 00:00:08.221
comme une fière.

5
00:00:08.838 --> 00:00:09.760
D'un jour à l'autre,

6
00:00:09.838 --> 00:00:11.807
les arbres se couvrent de mousse tendre,

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00:00:12.221 --> 00:00:14.268
les trottoirs exhalent une odeur neuve,

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00:00:14.283 --> 00:00:15.908
les pigeons roucoulent plus fort.

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00:00:16.721 --> 00:00:17.455
Le parc,

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00:00:17.768 --> 00:00:19.189
encore morne la veille,

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00:00:19.814 --> 00:00:21.908
explose de jonquilles et de bourgeons,

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00:00:22.408 --> 00:00:24.158
la sève monte à vue d'œil.

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00:00:25.080 --> 00:00:27.455
Clara se laisse gagner par l'agitation verte,

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00:00:27.596 --> 00:00:29.533
par le retour en fanfare du vivant.

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00:00:30.620 --> 00:00:46.398
même le ciel lessivé de gris se donne les airs de fête arrosés de lumières franches elle recommence à marcher chaque midi mais ce n'est plus le besoin de fuir qui la guide c'est la curiosité l'envie

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00:00:46.399 --> 00:00:59.288
de voir ce que la saison a inventé pendant la nuit le chêne l'attend coiffé d'un duvet d'émeraudes les branches tendues comme pour une écolade clara le salue d'un geste

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00:00:59.812 --> 00:01:01.815
s'assit en tailleur au pied du trou.

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00:01:02.956 --> 00:01:05.299
Il y a moins de solitude dans ce rituel.

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00:01:05.979 --> 00:01:06.538
Parfois,

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00:01:06.760 --> 00:01:08.284
elle croise d'autres habitués,

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00:01:08.737 --> 00:01:10.018
des joggers,

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00:01:11.003 --> 00:01:12.604
vieille dame avec son chien,

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00:01:13.323 --> 00:01:16.049
un jeune homme qui lit assis à même le sol.

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00:01:17.753 --> 00:01:20.268
Elle aime cette cohabitation silencieuse,

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00:01:20.893 --> 00:01:23.768
cette parenté entre vivants de toute espèce.

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00:01:26.331 --> 00:01:28.143
Le bruit du bureau ne l'atteint plus.

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00:01:28.992 --> 00:01:46.064
les travail sans crispation déroulent la journée sans s'accrocher aux urgences les dossiers s'enchaînent mais elles ne se laissent plus à paix si une réunion tourne court si un mail reste sans réponse elles haussent les épaules rien

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00:01:46.095 --> 00:01:58.204
ne vaut la peine d'y laisser sa santé elle prend le temps d'écouter ses collègues d'offrir un café de glisser un mot gentil on lui fait la remarque tu as changé clara

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00:01:58.840 --> 00:02:17.561
on te sent plus présente elle répond d'un sourire sans besoin de se justifier le soir elle cuisine pour elle-même mais aussi parfois pour un ami ou une voisine elle découvre le plaisir de recevoir même sans occasion spéciale les

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00:02:17.577 --> 00:02:27.171
conversations s'étirent ouvertes sans agenda caché clara rit plus qu'avant et pleure aussi mais la tristesse n'a plus le goût du soufre

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00:02:29.637 --> 00:02:44.515
chaque émotion comme une saison c'est que tout finit par passer puis renaître au parc la chaîne devient le théâtre de ses petites joies un midi elle partage son banc de mousse avec une fillette qui sans

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00:02:44.569 --> 00:02:57.218
gêne se met à lui raconter sa vie l'école le chat qui gratte à la porte la maman qui lit des histoires clara écoute fascinée par la limpidité du récit

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00:02:58.048 --> 00:03:00.550
par la capacité des enfants à tutoyer le vrai,

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00:03:01.231 --> 00:03:02.034
sans détour.

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00:03:03.272 --> 00:03:03.854
Elle rit,

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00:03:04.175 --> 00:03:05.456
propose une barre de chocolat,

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00:03:05.936 --> 00:03:09.839
observe la petite repartir en soutenant comme si rien d'autre n'existait.

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00:03:10.878 --> 00:03:13.682
Ce simple échange la remplit d'un bonheur solide,

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00:03:14.307 --> 00:03:14.948
durable,

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00:03:15.042 --> 00:03:15.870
comme une racine.

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00:03:17.182 --> 00:03:18.073
D'autres jours,

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00:03:18.292 --> 00:03:20.167
c'est une collègue qu'elle croise à la volée,

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00:03:20.667 --> 00:03:21.386
l'air épuisée,

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00:03:21.464 --> 00:03:22.948
l'étreinte tirée par le stress.

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00:03:23.917 --> 00:03:24.854
Sans préambule,

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00:03:25.276 --> 00:03:26.339
elle l'invite à marcher.

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00:03:27.244 --> 00:03:44.055
il se laisse faire d'abord mutique puis peu à peu il se confie elle ne donne pas de conseils ne prêche pas elle se contente d'être là d'acquiescer de tendre un silence ou l'autre pour déposer un fardeau comme

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00:03:44.086 --> 00:03:54.273
il revient au bureau il la remercie d'un regard qui dit plus que les mots clara se souvient de sa propre éhance de la solité d'aiguë qui la tenait avant

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00:03:55.048 --> 00:04:11.752
elle comprend que le simple fait d'être présent pour quelqu'un peut changer le cours d'une journée ou d'une vie avec le retour des beaux jours le parc se peuple clara y croise d'anciens inconnus devenus des compagnons d'habitude le

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00:04:11.845 --> 00:04:22.002
vieux monsieur qui nourrit les moineaux la femme à la poussette qui s'arrête toujours devant le même massif de tulipes le couple discret qui pique-nique chaque samedi au même endroit

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00:04:23.764 --> 00:04:27.568
Il y a dans cette routine partagée un sentiment d'appartenance,

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00:04:27.769 --> 00:04:32.089
de filiation secrète entre ceux qui savent regarder le monde autrement.

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00:04:33.652 --> 00:04:34.214
Un jour,

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00:04:34.457 --> 00:04:36.238
alors qu'elle s'installe au pied du chêne,

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00:04:36.878 --> 00:04:40.613
Clara aperçoit une adolescente recroquiller sur le banc d'en face.

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00:04:41.769 --> 00:04:45.269
Elle reconnaît dans la posture la détresse des jours sombres.

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00:04:46.191 --> 00:04:47.003
Hésitante,

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00:04:47.582 --> 00:04:48.472
elle s'approche,

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00:04:48.894 --> 00:04:50.050
propose un mouchoir,

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00:04:50.144 --> 00:04:50.707
un sourire.

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00:04:52.088 --> 00:04:53.932
La jeune fille détourne d'abord le regard,

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00:04:54.114 --> 00:04:57.923
puis à voix basse explique qu'elle ne sait plus comment faire pour respirer,

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00:04:58.145 --> 00:04:58.946
pour exister.

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00:05:00.112 --> 00:05:01.734
Clara ne dit pas qu'elle comprend.

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00:05:02.414 --> 00:05:03.696
Elle s'assoit juste à côté,

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00:05:03.897 --> 00:05:06.299
attend que les mots viennent ou ne viennent pas.

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00:05:07.158 --> 00:05:08.139
Elle reste longtemps,

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00:05:08.662 --> 00:05:09.162
muette,

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00:05:09.803 --> 00:05:12.045
reliée par la même nécessité de tenir.

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00:05:13.842 --> 00:05:14.803
Avant de partir,

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00:05:15.529 --> 00:05:16.608
l'adolescente glisse.

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00:05:17.529 --> 00:05:18.670
« Je crois que je reviendrai.

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00:05:19.498 --> 00:05:20.748
Peut-être que ça ira mieux demain. »

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00:05:21.967 --> 00:05:23.576
Clara la regarde s'éloigner,

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00:05:24.279 --> 00:05:26.795
puis remercie mentalement l'arbre pour la leçon.

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00:05:28.028 --> 00:05:29.651
Il ne s'agit pas de sauver le monde,

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00:05:30.071 --> 00:05:31.012
mais de créer un abri,

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00:05:31.454 --> 00:05:32.235
un point fixe,

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00:05:32.696 --> 00:05:33.919
où l'on peut toujours revenir.

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00:05:36.364 --> 00:05:38.208
Elle se promet de garder ce banc libre,

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00:05:38.887 --> 00:05:40.630
ce silence disponible,

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00:05:41.231 --> 00:05:43.458
pour celles et ceux qui en auront besoin.

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00:05:49.848 --> 00:05:50.409
À la maison,

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00:05:51.009 --> 00:05:53.472
l'appartement n'est plus un théâtre d'ordre maniaque.

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00:05:54.433 --> 00:05:57.077
Il y a parfois une tasse sale sur la table,

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00:05:57.155 --> 00:05:58.655
un livre ouvert sur le canapé,

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00:05:59.218 --> 00:06:00.640
un pull jeté à la hâte.

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00:06:01.202 --> 00:06:02.257
Clara s'en amuse,

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00:06:02.858 --> 00:06:04.780
trouve du charme à ce désordre vivant.

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00:06:05.686 --> 00:06:07.741
Elle jardine sur le rebord de la fenêtre,

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00:06:07.851 --> 00:06:10.101
plante des graines qui ne donneront peut-être rien,

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00:06:10.976 --> 00:06:13.226
mais la promesse d'un germe suffit à la combler.

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00:06:14.356 --> 00:06:15.117
Parfois la nuit,

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00:06:15.357 --> 00:06:17.619
elle se surprend à écrire des mots simples,

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00:06:18.220 --> 00:06:19.701
des listes de gratitude,

96
00:06:20.322 --> 00:06:22.103
des lettres qu'elle n'enverra jamais.

97
00:06:23.142 --> 00:06:25.345
Elle consigne les petites victoires,

98
00:06:25.423 --> 00:06:26.908
les instants suspendus,

99
00:06:27.588 --> 00:06:30.798
les phrases cueillies au vol dans le métro ou au marché.

100
00:06:31.767 --> 00:06:33.361
Elle y trouve un plaisir neuf,

101
00:06:33.970 --> 00:06:36.439
une manière de semer dans l'invisible.

102
00:06:37.564 --> 00:06:39.033
Le cycle des jours file,

103
00:06:39.767 --> 00:06:39.986
doux,

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00:06:40.658 --> 00:06:41.283
sans à-coups.

105
00:06:42.348 --> 00:06:57.866
clara ne cherche plus de réponse définitive elle sait maintenant que l'essentiel est dans le mouvement dans l'accueil de chaque moment de chaque saison elle garde pour elle le souvenir de la tempête la sensation de plier sans

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00:06:57.882 --> 00:07:10.929
jamais casser elle en fait une boussole pour l'avenir quoi qu'il advienne il y aura toujours une racine à retrouver un arbre sous lequel s'asseoir un souffle à écouter

107
00:07:12.948 --> 00:07:31.172
un soir d'avril alors que le parc ferme s'écrit clara reste assise un peu plus longtemps versée par la lumière dorée elle sent dans le creux de sa paume la chaleur résiduelle du bois la promesse tranquille du lendemain elle

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00:07:31.203 --> 00:07:31.828
se lève

109
00:07:32.531 --> 00:07:33.625
Salut l'arbre,

110
00:07:34.344 --> 00:07:35.015
puis s'en va,

111
00:07:35.703 --> 00:07:37.656
porté par une énergie légère,

112
00:07:38.500 --> 00:07:40.219
presque insouciante.

113
00:07:42.420 --> 00:07:44.206
Ce n'est pas la fin de l'histoire,

114
00:07:44.948 --> 00:07:45.511
simplement,

115
00:07:46.312 --> 00:07:48.542
c'est ainsi que commence la suivante.

