WEBVTT

1
00:00:01.156 --> 00:00:02.657
Carnet de bord du Mediatrainer,

2
00:00:03.618 --> 00:00:10.225
 une série de podcasts pour parler de la communication et de la prise de parole médiatique à travers le regard d'un Mediatrainer,

3
00:00:10.749 --> 00:00:11.889
 pour partager analyse,

4
00:00:12.264 --> 00:00:13.991
 réflexion et éléments de méthode.

5
00:00:17.616 --> 00:00:19.366
 Il y a des mots qui paraissent inattaquables.

6
00:00:19.991 --> 00:00:20.913
 L'intérêt général,

7
00:00:21.132 --> 00:00:21.897
 le bon sens,

8
00:00:22.194 --> 00:00:22.678
 la vérité.

9
00:00:23.460 --> 00:00:25.163
 Mais quand tout le monde s'y réfugie en même temps,

10
00:00:25.194 --> 00:00:26.553
 ils s'effondrent sous leur propre poids.

11
00:00:27.256 --> 00:00:27.856
 Ces derniers mois,

12
00:00:27.876 --> 00:00:29.077
 au cœur de la crise politique,

13
00:00:29.096 --> 00:00:32.337
 on a beaucoup entendu parler de l'intérêt général qui doit primer,

14
00:00:32.899 --> 00:00:35.594
 qu'il suffirait que les bonnes volontés s'unissent pour apaiser les choses.

15
00:00:35.899 --> 00:00:36.415
 Et pourtant,

16
00:00:36.594 --> 00:00:40.579
 même avec la convocation de ce qui se veut paraître comme une évidence,

17
00:00:41.040 --> 00:00:41.876
 rien ne s'apaise.

18
00:00:42.555 --> 00:00:43.462
 Peut-être parce que ces mots,

19
00:00:43.758 --> 00:00:44.587
 censés rassembler,

20
00:00:44.962 --> 00:00:47.024
 masquent en fait ce sur quoi on ne s'accorde plus.

21
00:00:50.743 --> 00:00:51.462
 Dans cet épisode,

22
00:00:51.680 --> 00:00:54.055
 j'ai envie de partager à la fois mon regard de médiatraineur,

23
00:00:54.180 --> 00:00:54.774
 comme d'habitude,

24
00:00:54.837 --> 00:00:56.946
 et celui plus humble d'un nouvel élève

25
00:00:57.064 --> 00:00:58.206
 car c'est bien connu,

26
00:00:58.345 --> 00:00:59.667
 il ne faut jamais cesser d'apprendre.

27
00:01:00.167 --> 00:01:01.149
 Après l'épisode précédent,

28
00:01:01.208 --> 00:01:02.731
 consacré à l'héritage de Jacques Pilon,

29
00:01:02.751 --> 00:01:04.731
 qui s'approchait déjà des fonctions du langage,

30
00:01:05.110 --> 00:01:10.758
 je voulais poursuivre cette exploration en tentant de lier pratiques de la communication et visions plus philosophiques.

31
00:01:11.415 --> 00:01:12.797
 Si je vous parle du poids des mots,

32
00:01:12.837 --> 00:01:19.743
 c'est aussi parce que j'ai commencé à suivre le séminaire d'Alda Marie à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales et à l'Institut Jean-Nico à Normale-Sup.

33
00:01:20.212 --> 00:01:22.149
 Alda Marie est linguiste et sémanticienne.

34
00:01:22.165 --> 00:01:25.727
 Elle travaille sur la manière dont la langue formalise nos affirmations,

35
00:01:25.758 --> 00:01:26.633
 nos croyances.

36
00:01:26.784 --> 00:01:28.244
 nos rapports au vrai et au possible.

37
00:01:28.925 --> 00:01:29.444
 Pour le moment,

38
00:01:29.524 --> 00:01:31.585
 je tente surtout de rattraper les bases théoriques,

39
00:01:31.866 --> 00:01:34.186
 et j'admets volontiers n'être qu'un béossien à la matière.

40
00:01:34.624 --> 00:01:35.206
 Mais même si,

41
00:01:35.409 --> 00:01:36.128
 à ce stade,

42
00:01:36.245 --> 00:01:38.425
 il n'a été question que des fondements de la linguistique,

43
00:01:38.565 --> 00:01:40.284
 quelque chose résonne déjà.

44
00:01:41.206 --> 00:01:42.464
 Rien qu'en posant les bases,

45
00:01:42.511 --> 00:01:45.768
 on comprend à quel point l'affirmation publique ou médiatique reste fragile,

46
00:01:46.190 --> 00:01:48.503
 même lorsqu'elle se part de certitude.

47
00:01:48.847 --> 00:01:50.393
 Je serais presque tenté de dire

48
00:01:50.847 --> 00:01:52.831
 « surtout quand elle se part de certitude » .

49
00:01:53.268 --> 00:01:54.206
 Parce que dire « c'est vrai,

50
00:01:54.487 --> 00:01:55.065
 c'est évident,

51
00:01:55.066 --> 00:01:55.643
 c'est certain,

52
00:01:55.815 --> 00:01:56.253
 il faut »

53
00:01:56.716 --> 00:01:57.557
 Ce n'est jamais neutre.

54
00:01:58.318 --> 00:02:00.240
 C'est toujours déjà une manière de fermer le jeu,

55
00:02:00.380 --> 00:02:01.402
 de marquer une position,

56
00:02:01.781 --> 00:02:03.343
 parfois même de masquer un doute.

57
00:02:04.245 --> 00:02:04.683
 Et je me dis,

58
00:02:05.308 --> 00:02:10.292
 si cette simple mise en perspective linguistique permet déjà de voir autrement les discours qui nous entourent,

59
00:02:10.308 --> 00:02:11.769
 alors le champ de réflexion est immense.

60
00:02:11.870 --> 00:02:16.980
 Et je compte bien prolonger cette exploration au fil du séminaire et en partager les échos ici,

61
00:02:17.339 --> 00:02:18.136
 dans ce podcast.

62
00:02:21.823 --> 00:02:24.027
 Prenons donc cette expression qu'on adore brandir,

63
00:02:24.261 --> 00:02:25.089
 l'intérêt général.

64
00:02:25.496 --> 00:02:26.516
 Tout le monde le revendique,

65
00:02:26.577 --> 00:02:27.696
 personne ne s'y oppose,

66
00:02:27.797 --> 00:02:28.317
 et pourtant,

67
00:02:28.477 --> 00:02:29.475
 rien n'est plus conflictuel.

68
00:02:29.936 --> 00:02:32.237
 Chacun y projette sa propre définition du bien commun.

69
00:02:32.557 --> 00:02:33.159
 Le résultat,

70
00:02:33.198 --> 00:02:34.381
 c'est une illusion d'accord,

71
00:02:34.436 --> 00:02:37.741
 un consensus d'apparence qui dissimule des clivages fondamentaux.

72
00:02:38.358 --> 00:02:40.358
 On croit parler d'un même intérêt général,

73
00:02:40.897 --> 00:02:42.374
 alors qu'on ne partage que le mot,

74
00:02:42.545 --> 00:02:43.186
 pas le sens.

75
00:02:44.702 --> 00:02:46.467
 Et c'est là que les discours se délitent.

76
00:02:46.624 --> 00:02:48.624
 Le langage donne l'impression d'unité,

77
00:02:49.358 --> 00:02:51.061
 alors qu'il ne fait qu'entretenir le malentendu.

78
00:02:51.577 --> 00:02:52.139
 Concrètement,

79
00:02:52.668 --> 00:02:55.352
 Si on projette cette idée dans le cadre actuel des débats politiques,

80
00:02:55.750 --> 00:02:58.133
 on oublie que ce sur quoi se fondent les clivages,

81
00:02:58.715 --> 00:03:02.477
 ce sont précisément les choix et les modalités de gestion de cet intérêt général.

82
00:03:02.938 --> 00:03:03.539
 Autrement dit,

83
00:03:04.016 --> 00:03:07.180
 on est tous d'accord sur la nécessité de défendre l'intérêt général,

84
00:03:07.563 --> 00:03:09.524
 mais pas sur ce qui fonde l'action politique,

85
00:03:09.571 --> 00:03:10.680
 c'est-à-dire ses modalités.

86
00:03:11.461 --> 00:03:13.305
 J'irai même plus loin pour clarifier mon propos.

87
00:03:13.883 --> 00:03:20.649
 Même les plus radicaux du spectre parlementaire défendent une forme d'intérêt général à un bout ou à un autre de leur discours.

88
00:03:21.852 --> 00:03:27.313
 Lorsque des acteurs politiques totalement opposés sur le plan idéologique emploient peu ou prou le même mot,

89
00:03:27.755 --> 00:03:29.575
 c'est que ce mot a été vidé de sa substance,

90
00:03:29.833 --> 00:03:31.458
 de sa signification réelle.

91
00:03:35.833 --> 00:03:38.770
 Je retrouve ce phénomène dans mes terrains d'observation habituels,

92
00:03:38.833 --> 00:03:39.583
 l'entreprise,

93
00:03:39.584 --> 00:03:40.411
 le syndicalisme,

94
00:03:40.412 --> 00:03:41.411
 la communication publique.

95
00:03:42.161 --> 00:03:43.083
 Les mots qu'on y emploie,

96
00:03:43.333 --> 00:03:44.676
 par exemple valeur,

97
00:03:44.880 --> 00:03:45.161
 sens,

98
00:03:45.880 --> 00:03:46.551
 semblent aller de soi,

99
00:03:47.176 --> 00:03:48.864
 mais plus ils paraissent consensuels,

100
00:03:49.458 --> 00:03:50.661
 plus ils deviennent insaisissables.

101
00:03:51.116 --> 00:03:52.257
 Appliqués au monde de l'entreprise,

102
00:03:52.417 --> 00:03:53.278
 à titre d'exemple,

103
00:03:53.279 --> 00:03:54.659
 ce sont les fameux mots-valises,

104
00:03:54.780 --> 00:03:56.782
 ceux qu'on entend partout jusqu'à épuisement.

105
00:03:57.141 --> 00:03:57.802
 La liste est longue,

106
00:03:58.505 --> 00:03:59.083
 dynamique,

107
00:03:59.145 --> 00:03:59.583
 innovant,

108
00:03:59.661 --> 00:04:00.224
 bienveillant,

109
00:04:00.302 --> 00:04:00.825
 résilient,

110
00:04:00.966 --> 00:04:01.442
 inspirant.

111
00:04:02.083 --> 00:04:05.747
 Autant de mots qui finissent par flotter dans le vide sans plus jamais rencontrer le réel.

112
00:04:06.091 --> 00:04:07.817
 Ils peuvent évidemment installer une rondeur,

113
00:04:07.911 --> 00:04:09.192
 avoir une dimension positive,

114
00:04:09.255 --> 00:04:09.895
 parfois utile,

115
00:04:10.380 --> 00:04:11.692
 et parfois anesthésiante.

116
00:04:12.583 --> 00:04:13.755
 Dans mon travail de médiatraineur,

117
00:04:13.802 --> 00:04:15.224
 j'ai souvent affaire à ces mots-valises.

118
00:04:15.567 --> 00:04:18.036
 Celles et ceux qui doivent les utiliser rechignent à le faire,

119
00:04:18.067 --> 00:04:19.161
 mais craignent d'en sortir.

120
00:04:19.576 --> 00:04:20.698
 Non pas par manque d'audace,

121
00:04:20.797 --> 00:04:23.059
 mais parce que dès qu'on gratte la surface de ces coquilles,

122
00:04:23.459 --> 00:04:24.641
 on voit toutes les ambiguïtés,

123
00:04:24.700 --> 00:04:27.223
 les limites et parfois les contresens qu'elles induisent.

124
00:04:27.602 --> 00:04:30.625
 Mon travail consiste alors à remettre un peu de friction là-dedans,

125
00:04:30.664 --> 00:04:32.172
 simplement parce qu'un mot valise,

126
00:04:32.571 --> 00:04:33.750
 c'est d'abord un mot de fuite.

127
00:04:34.649 --> 00:04:36.047
 Redonner aux mots leur poids,

128
00:04:36.079 --> 00:04:36.829
 leur résistance,

129
00:04:36.860 --> 00:04:37.610
 leur part de réel,

130
00:04:38.516 --> 00:04:39.954
 c'est susciter plus de confiance,

131
00:04:40.063 --> 00:04:42.235
 même si ça génère parfois plus de remous.

132
00:04:42.625 --> 00:04:43.360
 La naphtaline,

133
00:04:43.797 --> 00:04:45.219
 c'est efficace dans les armoires à linge,

134
00:04:45.422 --> 00:04:46.063
 pas dans les discours.

135
00:04:47.999 --> 00:04:50.302
 Pour en revenir à ce séminaire de linguistique,

136
00:04:50.321 --> 00:04:51.763
 ce que je retiens pour l'instant,

137
00:04:51.764 --> 00:04:54.064
 c'est avant tout une mise en perspective.

138
00:04:54.665 --> 00:04:56.989
 La vérité n'existe jamais hors contexte.

139
00:04:57.044 --> 00:05:01.114
 Il n'y a pas de vrai qui puisse s'imposer sans dire dans quel monde possible il s'applique,

140
00:05:01.192 --> 00:05:05.153
 pour reprendre cette formule de monde possible introduite par le logicien

141
00:05:05.544 --> 00:05:09.325
 Saul Kripke et développée sur le terrain linguistique par Angelica Kratzer.

142
00:05:10.356 --> 00:05:10.716
 L'idée,

143
00:05:11.044 --> 00:05:14.060
 c'est que nos affirmations n'existent jamais dans l'absolu,

144
00:05:14.169 --> 00:05:15.966
 mais toujours dans un univers de conditions.

145
00:05:16.783 --> 00:05:19.225
 Faire comme si ces conditions étaient les mêmes pour tous,

146
00:05:19.307 --> 00:05:20.387
 dans toutes les circonstances,

147
00:05:20.807 --> 00:05:22.369
 c'est vider un mot de sa substance.

148
00:05:22.670 --> 00:05:25.412
 C'est ce qui transforme un terme signifiant en mot-valise,

149
00:05:25.748 --> 00:05:26.693
 un mot qui paraît plein,

150
00:05:27.170 --> 00:05:28.217
 mais qui ne contient plus rien.

151
00:05:29.412 --> 00:05:32.240
 À force de bâtir des discours sur des mots vidés de sens,

152
00:05:32.639 --> 00:05:34.045
 on finit par produire du vide.

153
00:05:34.498 --> 00:05:37.279
 Et c'est là que le rôle du médiatraineur prend tout son sens.

154
00:05:37.576 --> 00:05:40.310
 Pour peu qu'il considère son rôle comme ayant une dimension,

155
00:05:40.904 --> 00:05:41.795
 sinon politique,

156
00:05:41.810 --> 00:05:43.404
 du moins éthique,

157
00:05:43.451 --> 00:05:45.935
 sa tâche consiste à mettre les mots-valises à l'amende.

158
00:05:46.147 --> 00:05:48.049
 à les forcer à redevenir signifiants.

159
00:05:49.291 --> 00:05:53.795
 Je ne vais pas me perdre ici dans un grand discours sur le sens qu'il faudrait redonner aux choses,

160
00:05:53.796 --> 00:05:54.838
 ce serait un peu trop ambitieux,

161
00:05:55.213 --> 00:05:56.455
 mais pour celles et ceux qui parlent,

162
00:05:56.760 --> 00:05:58.361
 qui s'expriment en public ou dans les médias,

163
00:05:58.416 --> 00:06:00.760
 lutter contre l'insignifiance du langage contemporain,

164
00:06:00.924 --> 00:06:02.205
 c'est déjà un combat salutaire.

165
00:06:02.565 --> 00:06:03.658
 Je l'ai souvent constaté,

166
00:06:04.424 --> 00:06:06.393
 et je pense que beaucoup d'entre vous l'ont ressenti aussi.

167
00:06:06.752 --> 00:06:08.986
 Se sentir cantonné à un langage vide,

168
00:06:09.049 --> 00:06:10.674
 à devoir utiliser des mots-valises,

169
00:06:11.908 --> 00:06:13.908
 par conformisme ou par peur d'aller au-delà.

170
00:06:14.343 --> 00:06:17.125
 C'est d'abord une expérience profondément démoralisante.

171
00:06:17.807 --> 00:06:18.828
 Elle affaiblit la parole,

172
00:06:19.450 --> 00:06:20.469
 elle rétrécit la pensée,

173
00:06:20.551 --> 00:06:21.411
 et paradoxalement,

174
00:06:21.832 --> 00:06:23.832
 elle rend moins performant sur le plan rhétorique.

175
00:06:24.676 --> 00:06:29.895
 Vous comprenez donc pourquoi je fais ce lien entre un séminaire de linguistique et mon travail de médiatraineur.

176
00:06:30.786 --> 00:06:32.536
 Vouloir une approche concrète est très bien,

177
00:06:33.176 --> 00:06:35.036
 mais à force de bâtir des discours sur du sable,

178
00:06:35.270 --> 00:06:36.567
 on ne peut pas s'étonner que la parole,

179
00:06:36.801 --> 00:06:37.520
 et la confiance,

180
00:06:37.786 --> 00:06:38.379
 se disloquent.

181
00:06:39.145 --> 00:06:39.661
 La théorie,

182
00:06:39.707 --> 00:06:40.817
 qu'elle soit philosophique,

183
00:06:40.848 --> 00:06:42.536
 linguistique ou même psychanalytique,

184
00:06:43.004 --> 00:06:44.004
 reste un outil précieux.

185
00:06:44.155 --> 00:06:49.021
 pour réinvestir le terrain rhétorique et ne pas laisser le langage devenir totalement hors-relien.

186
00:06:53.701 --> 00:07:00.068
 Alors je poursuivrai ces réflexions au fil du séminaire et j'essaierai d'en tirer des ponts concrets avec mon travail sur la parole publique.

187
00:07:00.490 --> 00:07:02.037
 Ce n'est pas un exercice de vulgarisation,

188
00:07:02.256 --> 00:07:02.615
 loin de là,

189
00:07:03.037 --> 00:07:04.396
 mais plutôt une tentative de comprendre,

190
00:07:04.459 --> 00:07:05.584
 de l'intérieur j'allais dire,

191
00:07:05.662 --> 00:07:07.521
 comment se construit l'autorité d'une parole.

192
00:07:08.459 --> 00:07:12.068
 La force d'un propos ne peut se réduire à l'affirmative qu'on veut donner à voir.

193
00:07:12.575 --> 00:07:14.757
 Et c'est sans doute là l'un des paradoxes de notre époque.

194
00:07:15.077 --> 00:07:16.620
 A force d'affirmer des évidences,

195
00:07:16.737 --> 00:07:17.921
 on suscite de la méfiance.

196
00:07:18.503 --> 00:07:19.440
 Les discours politiques,

197
00:07:19.620 --> 00:07:20.503
 comme manageriaux,

198
00:07:20.784 --> 00:07:22.222
 sont parfois tellement affirmatifs,

199
00:07:22.261 --> 00:07:24.089
 tellement dénués de toute nuance modale,

200
00:07:24.425 --> 00:07:28.448
 qu'ils en deviennent suspects et finissent par produire les effets qu'ils prétendent combattre.

201
00:07:29.698 --> 00:07:31.495
 Lorsqu'on prend la parole sur des sujets sensibles,

202
00:07:31.761 --> 00:07:33.308
 en entreprise ou dans le champ politique,

203
00:07:33.636 --> 00:07:36.354
 il serait parfois utile de dire « peut-être »

204
00:07:36.683 --> 00:07:41.620
 et d'accepter que le doute ou l'hypothétique puissent parfois générer plus d'adhésion.

205
00:07:45.211 --> 00:07:46.995
 C'était Carnet de bord du Mediatrainer.

206
00:07:47.114 --> 00:07:52.262
 Je vous donne rendez-vous très bientôt pour continuer à parler du discours et du langage qui le façonne.

